Non à la fermeture définitive de la route de la Gardiole dans le Parc National des Calanques

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 C’est par un communiqué de presse ONF/PNC que nous avons appris la fermeture définitive de la route de la Gardiole située au sein du Parc National des Calanques (PNC).

En effet, cette route menant au parking historique de la Gardiole vient d’être fermée suite à la demande de deux propriétaires privés situés à l’entrée de la route. Ce petit parking situé dans le parc des Calanques sur des terrains ONF, permettait depuis plusieurs décennies aux familles et aux grimpeurs un accès, avec une petite heure de marche, à certaines calanques et grandes parois du massif. Une surfréquentation accentuée par l’effet parc national et une gestion calamiteuse des flux de fréquentation par le PNC a conduit ces propriétaires privés, exaspérés, à demander cette interdiction. Comme le reconnait le PNC, cette fermeture de la route s’inscrit dans la logique de sa politique, et cautionne donc cette interdiction. Le milieu de l’escalade est en effervescence suite à cette décision, sachant que le PNC s’était engagé à traiter ce dossier en concertation avec les milieux associatifs et que cette dernière s’est résumée à un communiqué de presse.

 

Les raisons qui ont motivé cette décision semblent d’un premier abord entendable, mais après une analyse un peu plus fine cela mérite d’être développé ; en effet, je trouve que les propriétaires privés, la surfréquentation et le changement climatique « ont bon dos ».

 

Evitons déjà de confondre climat et évènement météorologique (je vous invite à lire « voyage à travers les climats de la terre » de Gilles Ramstein).  En ce qui concerne le risque feux de forêts, malheureusement lié à une sècheresse endémique dans les Bouches-du-Rhône (ce qui est particulièrement le cas en ce moment), il y a déjà fort longtemps que les services de prévention et de lutte ont mis en place une réglementation et des dispositifs en fonction de la saison et d’une analyse du risque au jour le jour en saison estivale. Dans ce département à forte concentration humaine, il y a toujours eu une volonté politique d’ouvrir les massifs le plus possible aux familles et en sécurité par une réglementation intelligente ; or il semblerait que le PNC ne soit pas tout à fait dans cet état d’esprit.

Pour en revenir au risque feux de forêts, on peut se féliciter que le PNC soit enfin sensible à ce risque, nous pouvons donc espérer que le plan de massif signé par monsieur le Préfet et qui impose des aménagements DFCI (pistes, citernes, débroussaillement, brûlages contrôlés…) soit enfin appliqué par le PNC.  En matière de feux de forêts l’information est essentielle, or dans ce parc il n’y a pratiquement aucun panneau sensibilisant le public sur ce risque, alors qu’il devrait en être implantés un peu partout. Il est vrai que la rigidité règlementaire des parcs nationaux et celle de la DREAL ne facilite pas la tâche de la direction du PNC, mais quand on se vante d’être le premier parc national péri-urbain, il aurait été bon d’adapter les textes afin de pouvoir ouvrir et défendre ce site avec cohérence. Cette rigidité réglementaire a donc fragilisé le massif des Calanques par rapport aux incendies de forêts, il est aberrant que par la création d’un parc national on en arrive à une telle situation, alors que ce dernier devrait conduire à une meilleure protection de ce beau massif.

Si effectivement le parking de la Gardiole peut être considéré comme un point sensible pour les départs de feu du fait de la présence de nombreux véhicules, ce dernier étant interdit en période estivale le risque est donc faible le reste de l’année. Les trois mois de sécheresse de début 2019 ne doivent pas nous faire oublier la pluviométrie de 2018 et les autres hivers et printemps moins secs. Historiquement, nous n’avons eu aucun feu significatif dont l’éclosion se soit produite aux abords de la Gardiole ; les grands incendies de 1979, 1990, 1998 et 2016 sont partis en zone péri-urbaine de Marseille et j’invite donc le PNC à concentrer ses efforts sur ce secteur. Les deux autres feux significatifs ces dernières années (septembre 2018 et février 2013 dans le secteur de Marseilleveyre) sont le résultat de bivouacs pourtant interdits. Début septembre 2018 j’ai eu l’occasion par deux fois de revenir de la calanque de Marseilleveyre en fin de journée, j’ai croisé aux abords de Callelongue plusieurs groupes dont un de plus de vingt personnes qui partaient bivouaquer. J’invite donc la direction du PNC à concentrer également ses efforts et ses agents sur ce point d’entrée plutôt que sur une « chasse aux sorcières » visant grimpeurs/équipeurs (mais ceci est un autre débat).

Donc le parking de la Gardiole n’a jamais vraiment représenté un risque réel pour le massif des Calanques et la ville de Cassis en matière feu de forêt, par le fait de sa situation qui impose le respect des lieux et par la présence de l’ONF. Déplacer ce parking en bordure de la départementale de la Gineste est la porte ouverte à toutes les dérives et à tous les abus ; en effet situé sur une zone non aménagée, non protégée, non surveillée et non débroussaillée, cela peut laisser envisager le pire. Ce qui est certain c’est que le prochain grand incendie qui ravagera la commune de Cassis a une très forte probabilité d’avoir son éclosion sur ce parking, situé de plus en plein vent dominant.

 

Maintenant abordons le problème de la surfréquentation et de la gestion des flux sur la route de la Gardiole ; ces pics de surfréquentations ne sont pas nouveaux et existaient déjà avant la création du PNC, or l’effet parc n’a fait que les amplifier et les multiplier. Il appartient donc à la direction du PNC de proposer des solutions alternatives à une interdiction pure et dure, plutôt que de faire porter la responsabilité de cette dernière par des propriétaires privés, qui sont exaspérés du manque d’une volonté ferme du PNC et de l’ONF à solutionner cette question. Cette problématique n’est pas spécifique au PNC, elle existe dans d’autres parcs ou sites touristiques, elle ne s’est pas forcement réglée par des interdictions fermes. Avec un peu de bonne volonté, un peu d’argent et un peu de ressources humaines, il est possible de trouver des aménagements alternatifs. Mais actuellement ni l’ONF, ni le PNC, ni les collectivités ne souhaitent mettre de l’argent et du personnel pour une gestion dynamique des lieux de stationnement les jours d’affluence, c’est donc effectivement la porte ouverte à toutes les dérives. Pourtant une gestion intelligente (en fonction des flux, des saisons et du risque feux de forêts) entre une aire de stationnement très règlementée à la Gardiole et un parking aménagé et protégé en bordure de la route de la Gineste, pourrait satisfaire tout le monde ; sauf ceux qui pensent que les Calanques doivent se mériter et qu’il convient de marcher longtemps pour avoir le droit de mettre le pied dans la calanque d’En Vau ou dans le cirque du Devenson (à moins de disposer d’un bateau). Ce point de vue conduit à ostraciser les familles avec de jeunes enfants, les plus anciens et les vieux grimpeurs du fait de l’éloignement des grandes parois.

 

En ce qui concerne les pratiques inadaptées (comportement individuels déplacés, stationnements sauvages) elles sont tout simplement liées à la gestion calamiteuse actuelle que je citais ci-dessus. Une gestion raisonnée et empathique couplée à une bonne information éviteront la majorité des dérives actuelles, il ne restera plus qu’à sanctionner les derniers récalcitrants.

 

J’ai beaucoup apprécié le paragraphe sur la politique de mobilité et d’aménagement visant à retirer la voiture des endroits fréquentés (centre-ville ou sites naturels) au profit des mobilités douces ou des transports en commun. Du fait de l’inexistence de parkings périphériques et d’un réseau de transport en commun pas toujours adapté, les buccos-Rhodaniens et les Marseillais qui en « bavent » tous les jours pour entrer, sortir ou circuler dans Marseille vont apprécier. En effet se rendre à la Gardiole en transport en commun ou en vélo en toute sécurité me semble encore bien compliqué. Si vous voulez que le PNC soit un lieu d’apaisement et de ressourcement, comme vous le dites si bien, offrez aux visiteurs des lieux de stationnements sécurisés et propres ainsi qu’une information claire dans le cadre d’une gestion dynamique.

 

En conclusion, la solution qui consiste à un stationnement sauvage en bordure de la route départementale de la Gineste sur une zone non aménagée, non protégée et non surveillée, est irraisonnable. En effet les possibilités de garer un véhicule en bordure de la départementale sont limitées et représentent un danger sur cette voie de passage à grande vitesse.  Ces véhicules stationnés représentent aussi des proies faciles pour les voleurs à la roulotte et plus particulièrement pour les véhicules étrangers. Et supprimer aussi ce lieu de stationnement conduirait à un engorgement de l’accès par la calanque de Port Miou à Cassis qui est déjà bien compliqué et deviendrait ainsi potentiellement dangereux.

L’ONF et le PNC ne peuvent pas se débarrasser du problème de la gestion de la route de la Gardiole en la fermant tout simplement, et en abandonnant le public en bordure de la départementale, c’est inacceptable.

 

Il est donc urgent que le PNC et l’ONF revoient leur copie et qu’en relation avec les collectivités territoriales, des moyens financiers et du personnel soient mis sur cette entrée de parc, avant qu’un incendie ne ravage Cassis ou que des enfants qui ont échappé à la garde de leurs parents ne se fassent renverser et tuer sur cette départementale.

 

Devant cet état de fait, je suis dans l’obligation d’en informer monsieur le Préfet des Bouches-du-Rhône et de demander son arbitrage.

 

 

Jean Claude Grand

Président du CT13 FFME

2 réflexions au sujet de « Non à la fermeture définitive de la route de la Gardiole dans le Parc National des Calanques »

  1. Duverger PY dit :

    ON est brimés, taxè, SUR taxè( TVA sur les taxes) et maintenant on veux nous privés de nos oasis de calmes, de récup, et je suis sur qu’ils pensent que c’est pour notre bien , les  » irresponsables » tel que citè plus haut.. PYD

  2. Burtel dit :

    Tout à fait d’accord avec vous. J’ai 82 ans et le parking de la Gardiole me permettait encore l’accès sans problème à en Vau, au belvédère d’ En Vau, au cirque des Pelletins, un bon bout vers l’œil de verre .Maintenant avec 1 h de plus je vais être obligé de réduire mes ambitions, pour mon épouse 80 ans qui pouvait encore accéder à En Vau c’est terminé ! J’ai découvert cette fermeture pendant le Week end du 1° mai. Comme rien n’est précisé sur les panneaux j’ai cru que c’était à cause du vent et je suis revenu le lendemain , je viens toujours avant 9 h et j’ai pu trouver une place de justesse, Au retour ers 12h 30 c’était le chaos les gens devaient faire demi tour. De nombreux touristes étrangers étaient complétement désemparés. Au niveau de la surfréquentation elle va être bien supérieure sur la partie entre la route de La Gineste jusqu’au parking Gardiole notamment sur le petit chemin rouge qui coupe la route, c’était une vrai procession , ce chemin va vite être dégradé . Les visiteurs étant là, tout le monde prend le risque d’aller néanmoins jusqu’à En Vau ,c’était un flot de famille avec souvent de jeunes enfants, à l’aller ça va à peu près bien, ça descend, mais le retour doit poser pas mal de problèmes à certains , il faut déjà plus d’eau. Je crains qu’il va y avoir des cas de fatigue voire défaillance qu’il faudra évacuer par des moyens de secours. Beaucoup de gens vont se rabattre sur l’accès Port Miou saturant un peu plus Cassis. Quelques jours plus tard l’accès pour sortir de la route de la Presqu’île, un bouchon monstre comme je n’en avait jamais vu était provoqué par les véhicules qui faisaient la queue pour accéder au parking payant (lui va être bénéficiaire !). La présence de nombreuses voitures sur ce parking vont inciter les gens à pénètrer dans le massif, ils ne feront plus la différence entre l’interdiction d’accès routier et les interdictions d’accès générales pour raison climatiques.
    A noter que je peux plus non plus accéder au chemin du littoral entre Les Lecques et Bandol que j’appréciai beaucoup. Il est fermé sans doute pour longtemps ? pour risque d’éboulement, tout comme le bord de mer entre port Miou et Port Pin.

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